27.05.2009
bel article sur les Préludes (Thomas Rigail)
aujoud'hui, je me permets de mettre un lien vers un article écrit par Thomas Rigail, sur le site de classiqueinfo-disque.com.
je viens juste de le lire, et j'ai retrouvé toutes les sensations des trois concerts de Préludes auxquels j'ai assisté l'année dernière, notamment celui du théâtre des champs élysées. il écrit : "point ici d’épanchements romantiques mais plutôt une tension secrète, y compris dans les pièces les plus douces".
je ressens ce travail sur la tension dans tous les travaux d'Alexandre, même si "l'objectif" n'est pas le même.ici, on sent l'hésitation entre la
vie et la mort, mais que l'homme malade, ou faible, ou qui doute, ne peut pas maîtrisé. comme si c'était hors de lui, et par conséquent largement incompris, inaccessible. elle est palpable, mais elle ne prend pas de forme facilement, elle diffuse, elle est là et puis partie, et revient. c'est assez angoissant. je me souviens être sorti des champs élysées sur les genoux. mais lui aussi, j'ai l'impression. je me souviens qu'il avait pas la tête des grands jours de fête ;))
et puis, dans les valses, du même Chopin, il y a d'autres tensions, un peu celle de la folie peut-être, avec un côté morbide quand même, je trouve, qui vient plus du son, que de la structure de la musique.
bon, Rigail décrit aussi beaucoup la façon de jouer d'Alexandre, mais je ne sais pas m'y repérer. Je ne joue pas de piano, donc, pas d'expérience. je comprends bien quand même l'importance du déséquilibre entre main gauche et main droite. je la connais par la flûte. ce n'est pas pareil bien sûr, on ne parle pas de force ou faiblesse de la main gauche dans l'interpétation, mais la tension, l'intension, au délà des problèmes de positionnement, comptent beaucoup.
et enfin, Rigail souligne un travail sur les brisures, les écarts, une "curieuse hésitation rythmique" dans une mesure, tout ce qui peut ressembler à de l'irrégularité, autant en ce qui concerne la matière musicale que ses lois. et ça j'adoooore!! taper dans le tas pour voir comment ça revient, ou pas, tester l'équilibre, mettre de la tension, avec une seule priorité : la finesse, le dialogue, l'échange. je déteste la brutalité, la force pour la force.
un interpréte peut tout faire, même tout casser, ça peut être drôle. mais Alexandre ne fait pas ça. enfin, pas au concert, parce qu'en répétition, je sais pas pourquoi, mais j'imagine que ça doit le tenter de casser les phrases pour le rejouer comme s'il les avait écrite lui-même. le travail du clavecin vers le piano (Rameau, Couperin, ...) rentre bien dans ce genre d'idée.
13:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alexandre tharaud, piano, musique, préludes, chopin, thomas rigail, critique

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