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15.06.2008

silence à la radio

avant hier soir, je me suis décidé à écouter la radio, j'ai surfé sans rien apprécier, j'allais abandonner quand je suis "tombé" sur du piano. en un quart de seconde, mon ventre m'a dit "non, c'est LE piano".

c'est l'halu totale ces histoires de fou. dans ces moments là, dans les premières notes, il y a toujours quelquechose qui m'arrache de l'endroit où je suis et m'envoie voler dansalexandre_tharaud_156 christophe urbain.jpg l'espace sans crier "gare". c'est flippant à la fin.
pendant longtemps, je pensais que j'écoutais trop les disques d'alexandre, au point que n'importe quelle note me ramène les oreilles dans la zone réflexe. mais là, non, c'est pas possible. au mieux, je peux croire que c'est l'intensité émotionnelle dans laquelle je suis au moment où la musique passe qui provoque tout ça.

on nous donnait à écouter le 15ème prélude en diverses interprétations et "ces messieurs de la musique" "s'impressionnaient".
je me prête généralement au jeu qu'alexandre nous recommende: écouter tous les préludes les uns derrière les autres, comme une tension unique. là, seul le 15ème débarquait, sans le précédent et le suivant, donc hors ma "logique habituelle".
mais tout y était en hyper concentré, et notamment la tension interne : un jeu lent, sur une mélodie simple et répétée, presque un refrain pop, presque gai, et pourtant j'ai les boules quand j'écoute ce 15ème. la douleur est présente dès le début, dans la sonorité même avant les notes, c'est LE piano.

les commentateurs ont parlé de l'angoisse que cette interprétation suggére. je ne veux pas rester sur un terme aussi vague, c'est trop frustrant. le piano de tharaud me provoque l'effet d'un bol tibétain de prière: on fait vibrer le son en une tension continue qui "détache" toutes les couches de l'esprit en agissant sur le physique, les vibrations, pour révéler les espaces, les couleurs, et les expériences de sensations.
c'est un peu trop lyrique? pourtant je pense que c'est ça le vertige que je ressens souvent.

et parce que c'est simple, pas de chichis ou de fabrications, d'interprétations ténébreuses et, à cause de ça, c'est énorme. la preuve? quand la pièce fût finie, on a entendu le SILENCE à la radio. 4 secondes. c'est long. les commentateurs n'ont pas osé remplacer l'émotion. c'est pas fort ça?

=====

 bon, sinon, j'ai râté plein de choses ces derniers temps. mais je pouvais pas.  désolé Nils. je n'était pas prêt à me confronter à tout ça pour de vrai. c'est vrai en général, et ces derniers temps, mon quotidien a amplifier cette appréhension. je n'ai même pas écouter ses disques depuis au moins un mois. maintenant ses concerts live me manquent. jen ai besoin maintenant.

 et merci à NoteBleue d'avoir planté l'aiguillon qui m'a réveillé :-)))

 

Commentaires

Les preludes de Chopin par Alexandre Tharaud me font penser à l'eau d'un ruisseau qui coule dans la montagne un jour de beau temps. Frais, cristallin, avec les rayons du soleil qui jette des paillettes d'or à la surface de l'eau :)

Ecrit par : Floflo | 15.06.2008

Faites attention à ce que vous écrivez. Avec deux L, vos "boules" risquent de s'envoler...

Ecrit par : Régis | 15.06.2008

j'ai fait une faute? ou? Je la vois pas.

Ecrit par : Floflo | 15.06.2008

pardon ,je pensais que c'était pour moi je viens de relire le texte et j'ai compris.

Ecrit par : Floflo | 15.06.2008

merci. c corrigé.

j'ai renoncé à publier les images que ces préludes me suggèrent justement. je suis quand même plus dans du Allan Poe débarquant chez Proust.
mais l'image la plus forte reste quand même Alexandre qui les joue, à ce moment là il fait partie de la musique de chopin, et je ne peux/veux pas les dissocier.

Ecrit par : Sylvain | 15.06.2008

De rien, Sylvain. Si j'ai pu contribuer à te sortir d'une quelconque torpeur mortifère, je n'ai pas perdu ma journée.
Au fait, Alexandre était à Rome aujourd'hui, je l'ai suivi mentalement, la capitale italienne m'étant fort familière. J'espère qu'il a pu en profiter un peu...

Ecrit par : Note Bleue | 15.06.2008

Edgar Allan, c'est pour la lettre envolée?

Je suis bien content de te savoir de retour et je l'espère en forme maintenant.
Alors n'oublie pas, si ce n'est déjà fait, de prendre tes billets pour le samedi 30 août à 17h30 (j'ai eu les miens il y a trois semaines sur fnac.com).
Ce jour là je reviendrai d'Helsinki et deux heures après direction l'Orangerie du château de Sceaux, très élégante construction de Mansart de 1685, qui a toujours servi depuis , j'en suis sûrde salle de spectacle, avec cette année-là "L'idylle de Sceaux" de Racine et Lully, devant Louis XIV et la vieille ordure (Mme de Maintenon selon la Princesse Palatine).
La première fois où j'y suis allé, c'était pour entendre Rita Streich, certes fort âgée, mais très émouvante dans un récital de Lieder de Schubert.

L'hommage à Marcelle Meyer sera aussi important pour nous que pour AT, j'en suis sûr!

Sur le ailes du vent...

Ecrit par : Strélitzia | 15.06.2008

bonjour, oui je dois retirer mes billets cette semaine. 2 places.
je ne sais pas d'où je reviendrai...

pour Poe, non, rien de précis, juste l'ambiance morbide. c'est drôle, j'ai "interprété" ses textes au lycée, pendant deux ans. et je ne garde que des traces émotionnelles, plus de mots. mais à la fin j'étais gavé.

Ecrit par : sylvain | 16.06.2008

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