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12.03.2008
le feu la cendre (rappel de note)
je republie ici un extrait d'une note que j'ai publié sur un autre blog. Oiseau-du-Paradis nous indique qu'un CD Tharaud / Pécou va bientôt sortir! j'ai adoré "Outre Mémoire", et regrette de ne pas avoir pu croiser dans l'exposition correspondante. je découvrais alors un artiste (AT) qui pouvait transcender des styles en restant le même ET en s'investissant corps et âmes.
Oiseau-Paradis nous indique que le CD s'apellerait "l'Oiseau innumérable", composition de Thierry Pécou, qui sortira en mai chez HM, avec AT et l'Ensemble orchestral de Paris sous la direction d'Andrea Quinn".
je réssuscite cette ancienne note donc pour toutes ces raisons:
- d'abord, je l'ai écrite après un concert d'octobre 2006 donné Théâtre des Champs Elysées dans le cadre du festival "Paris de la musique" qui programme des compositeurs contemporains. Je découvrais Andrea Quinn, première femme chef d'orchestre que je voyais de ma vie, et j'en suis encore ému !
- ensuite parce que ce soir là, Alexandre créait justement "Aaaaaah" de Thierry Pécou!!
- et enfin parce que ce texte qui frise la folie me rappelle pourquoi j'en suis arrivé à construire et animer ce blog, et comment tout cela a pu prendre lentement une forme.
voilà l'extrait :
" Et puis, pièce n°3, une création de Thierry Pécou pour piano et pour ... Alexandre Tharaud. aaaahhhh Une création très puissante, physique, qu'Alexandre a presque mimée tellement il s'est engagé physiquement dedans. Il m'a donné l'impression de faire ce qu'il aime vraiment, de se lâcher, de lâcher dans les spectateurs l'éclat de sa maîtrise d'un truc énorme et qui nous paraît alors simple, évident, facile bien qu'extraordinairement puissant. Alexandre me donne toujours le sentiment d'un espace qui est hors norme dans un temps que l'homme ne veut plus ressentir.
Je m'imaginais en fin du spectacle, on me donne le droit de lui poser une question et je lui demande "avez-vous peur de la musique?".![]()
Mais c'est comme formulé une affirmation. Il n'a pas peur de la musique, il a peut-être peur de lui dans la musique, mais pas de la musique. Et je ressens ça tellement fort, ça me donne un courage énorme.
Au bout de quatre vagues d'applaudissements, il décide de se remettre au piano. Je ne sais pas si ça se fait, ça, au milieu d'un concert avec plusieurs solistes ? mais bon, c'est Alexandre. Et, pire (??), il a parlé à son public! il nous a parlé à nous, pour remercier Thierry Pécou et pour nous annoncer Bach. mais il n'y a que les Pop Stars qui font ça non? et Alexandre.
Je me suis dis "allez, la minute commerciale pour rappeler que sa carrière a été largement confirmée par cet enregistrement de Bach, après Rameau, alors merci d'acheter encore le disque". Puis dans le quart de soupir qui a suivi, alors qu'il levait sa main droite pour se lancer, un pressentiment effrayant m'a assailli : la Sicilienne ... il va jouer la Sicilienne ....
... et je vais encore pleurer !! après une éternelle seconde, cet énorme et gigantesque tout petit accord de deux notes est entré dans ma tête et a mis le feu, envoyé la cendre, craché un temps immortel et long, il a déchiré toute mon humanité et je me suis mis à pleurer comme un con, au quatrième rang, de face, sous les jambes d'Alexandre.
Je ne sais pas pourquoi cet accord et cette pièce provoquent ce carnage ... parce que c'est Tharaud, parce que c'est Bach - re-traduit
par Alexandre - que c'est la première note du disque, que le disque est orange, qu'Alexandre est joli en général mais très beau sur la photo (... si la photo est bonne ...), qu'il joue cette pièce aussi calme que l'univers décidé et le paradis perdu qui hante toutes les têtes. Qu'est-ce que j'en sais de ces enchaînements (sic) pervers, moi ??! j'ai le même problème avec l'Aria Pastorale. Le feu et l'air coup sur coup sur scène, dans la peau et les gestes de ce pianiste, alors qu'on n'a même pas l'impression qu'il bouge un cheveu, la musique intrusive et exposante de Pécou, c'est trop pour moi tout seul ..."
hum hum... j'étais quand même bien barré ce soir là, je crois. mais je pleure toujours pendant certains rappels d'Alexandre. et j'en suis très fier.
00:19 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : alexandre tharaud, tharaud, piano, classique, fan

Commentaires
après avoir lu ça, ça me fait mal de me dire qu'on lit autant de papiers immondes dans la presse payante, écrits par des gens payés pour ça.
Ecrit par : tommy | 12.03.2008
LOL je dois prendre ça comme une sorte de compliment, j'imagine. voire même comme un merci? oups!!
parce que je ne pense pas que gagne grand chose, à part, comme tu me l'as dit, à faire plaisir à tous ceux qui viennent ici, pour partager ce que l'on aime chez Alexandre.
je suis content que ce post te "fasse quelque chose" ;-))
Ecrit par : sylvain | 12.03.2008
Trop beau ton souvenir ébloui d'une soirée que l'on n'oublie pas, de ces moments rares qui restent gravés
Un jour je ferai partager les miens aussi peut-être
Ancora mille grazie
Ecrit par : strélitzia | 12.03.2008
et bien si tout ça peut te donner envie, ou même l'envie d'avoir encore envie, j'en suis bien content!! et merci encore pour l'extrait de l'Oiseau... je viens juste de l'écouter plus tranquillement, ben je suis bien impatient de l'entendre à rouen :)
Ecrit par : sylvain | 13.03.2008
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